Une réflexion haute en couleurs !
Comme son titre l'indique, cet ouvrage de l'historien de l'art Daniel Arasse, qui est en réalité la transcription d'une série de 25 émissions données sur France Culture en 2003, s'intéresse à la peinture. Avant de me lancer dans la lecture de cet ouvrage, je n'étais pas un adorateur de peintures ; je savais apprécier l'expérience des musées quand l'occasion m'était donnée d'en visiter, mais l'on peut dire que j'étais un vrai néophyte dans ce domaine. Grâce à Daniel Arasse, je peux dire que s'est développé chez moi un goût, si ce n'est un véritable intérêt, pour la peinture du XVème siècle au XIXème siècle, puisque c'est grosso modo cette période dont il est ici question.En effet, la première magie de cet ouvrage, c'est son accessibilité. Arasse a visiblement le souci de s'adresser à tous, comme en témoignent les titres mystérieux et intrigants de ses émissions : "Le tableau préféré", "Un archange auto-stoppeur'", "La thèse volée", "Alberti disparu, le temps retrouvé", etc. Il n'y a donc aucunement besoin d'avoir des connaissances particulières pour pouvoir suivre sa réflexion. Autre joie : le plaisir et la curiosité communicatifs dont sait faire preuve Daniel Arasse. Ce dernier nous mène au fil des chapitres dans une analyse ouverte et originale d'environ cinq siècles de peinture, tantôt en historien général, tantôt en historien du détail.
| Fra Angelico, L'Annonciation (vers 1450) |
| Vermeer, La Liseuse Ă la fenĂŞtre (vers 1657) |
Ainsi, à travers ces 300 pages, Arasse nous prend par la main pour nous mener de surprise en surprise, de jubilation en jubilation. Dans l'un des premiers chapitres, il nous enchante en démontrant avec brio pourquoi il lui semble que le mystère de La Joconde vient de ce qu'elle constitue une réflexion sur le temps. Puis, il montre magistralement pourquoi selon lui il y a une corrélation entre la très forte représentation de l'Annonciation, et l'invention de la perspective monofocale au XVème siècle. Daniel Arasse montre également en quoi Vermeer est un peintre qui peint "le dedans du dedans", c'est-à -dire l'intériorité de personnages dans des scènes d'intérieur. Bref, autant de problématiques passionnantes que je ne saurais pas lister ici de manière exhaustive, mais qui m'ont réellement enchanté.
Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous conseille le visionnage de cette vidéo de L'Homme Littéraire :

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